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Joe Biden et ses relations avec la Turquie

Gündem 14 Kasım 2020
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Le candidat du Parti Démocrate Joe Biden est le 46ème président des Etats-Unis. Il met fin aux quatre ans des fonctions présidentielles de Donal Trump, lui candidat du Parti Républicain, qui conteste les résultats et a déclaré qu’il allait entreprendre des poursuites judiciaires pour le recomp- tage de votes. Jusqu’à nouvel ordre, le candidat Joe Biden sera considéré comme le nouveau pré- sident des Etats-Unis et sera investi dès janvier 2021.
Joe Biden se trouve au point le plus important de sa longue carrière de plus de 40 ans. Il a été can- didats trois fois aux élections présidentielles, dont en 1987 où il envisageait d’être le président élu le plus jeune de l’histoire américaine, il a donc été élu en 2020, le président le plus vieux des Etats- Unis à l’âge de 77 ans. Il a été également Sénateur pour le Delaware durant 36 ans. Il déclare en 2007 lors de sa deuxième candidature concernant Barack Obama, « le premier Afro-américain qui s’exprime bien, brillant, propre sur lui et beau garçon ». Ces déclarations peuvent être jugées ra- cistes et feront polémiques, il s’excusera auprès de Obama et perdra les primaires de son parti. Obama ne lui en voudra pas, au contraire, il a besoin de l’expérience et des conseils politiques de Biden, ce qui permettra à ce dernier d’être vice-président durant 8 années consécutives.
Bien que les résultats des élections soient jugés comme non-officiels, nous allons essayer de com- prendre quelles relations le nouveau président des Etats-Unis pourraient avoir avec la Turquie.
Les relations entre Trump et Erdogan ont été très controversé et n’ont pas été toujours stables. Ce- pendant, Trump a déclaré à de multiples reprises qu’il entretenait des relations très bonnes avec la Turquie.
Avec Biden, comment ces relations vont-elles évoluer? Quelles sont les opinions de Biden concer- nant la Turquie mais également le président Erdogan?
Durant ses fonctions au Sénat, Biden a été l’un des sénateurs proposant un embargo sur les ventes d’armes en Turquie, durant l’opération paix pour Chypre. Delaware est un état où la minorité grecque est présente et nombreuse. La proximité de Biden avec le lobby grec influençait ses déci- sions au Sénat ce qui se traduit par son soutien inconditionnel à la Grèce contre les décisions concernant ses relations avec la Turquie. La proposition d’embargo n’avait pas obtenu le nombre de

votes nécessaire pour être adoptée. Cependant, durant des années, Biden appellera la Turquie de quitter la Chypre. Durant sa présidence au Comité des Affaires Etrangères du Sénat, il mettra son véto concernant une aide à la Turquie de la hauteur de 5 millions de dollars. Pour les tensions en Méditerranée Orientale il affirmera que la présence de la Turquie l’inquiète et qu’elle se comporte de façon irresponsable. Sa subjectivité est donc à prendre au sérieux concernant les relations turco- grecques, où il défend l’intérêt de la Grèce sur tous les niveaux et également à échelle historique.
Le nouveau président n’est pas connu seulement pour sa proximité avec le lobby grec, il est égale- ment très proche du lobby arménien implanté aux Etat-Unis. La première femme vice-présidente élue issue de minorités déclarera que le 24 avril 2019 « Aujourd’hui marque le 104ème anniversaire du génocide arménien. Nous ne pouvons oublier les 1,5 million d’Arméniens tués entre 1915 et 1923. Je suis fière de co-parrainer une résolution du Sénat commémorant ceux qui ont été perdus et assurant la reconnaissance des États-Unis de cet horrible chapitre de l’histoire. ». Joe Biden quant à lui tient une promesse à la diaspora arménienne en affirmant qu’une fois élu qu’il soutiendrait éga- lement les propositions de lois concernant les évènements de 1915, qu’ils qualifient tous deux de génocide. Le duo affirme la fierté de soutenir les Arméniens. Durant la guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, Biden voulait que la Turquie reste en dehors du conflit, il demande même à l’administra- tion Trump d’exiger son retrait immédiat. Il critique ouvertement l’administration Trump en disant qu’elle prend des décisions « très passives et sans contributions », il ajoutera que « Enfin, il doit cesser de dorloter Ankara et dire à la fois à la Turquie et à l’Iran de rester en dehors de ce conflit. ». Ces déclarations montrent que Biden considère que la Turquie n’a pas sa place durant ce conflit qui concerne son pays « frère » mais que l’administration Trump doit réagir plus rudement pour trouver un accord commun. Aujourd’hui, l’Arménie a capitulé. Le groupe Minsk créé en 1992 par la Confé- rence sur la sécurité et la coopération en Europe pour apporter des solutions pacifiques sur le conflit entre les opposants du Haut-Karabagh est coprésidé par la Russie, les Etats-Unis et la France. Ce- pendant, la Turquie est également membre et a participé aux négociations seulement avec la Russie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Le rôle de la Turquie durant ce conflit a été important et malgré le fait que sa présence soit critiquée par Biden, cela a permis de trouver une résolution durant au moins 5 ans si aucune des parties rompt l’accord.
Il faut ajouter que la minorité grecque aux Etats-Unis est estimée à 1,3 millions et celle des Arméni- ens à 1,5 millions. Ces minorités ont pu s’imposer comme une diaspora aux Etats-Unis mais égale- ment dans le monde entier comme en France. L’organisation de ces communautés ont permis la

création du lobbyisme qu’ils utilisent à des fins économiques et politiques. La minorité turque est quant à elle estimée à 300.000. La faiblesse du nombre et la géographie des Etats-Unis ne permet pas à cette minorité de s’imposer et d’influencer comme les Grecs ou Arméniens. La politique de Joe Biden sur les décisions concernant la Turquie ont été bien évidemment influencé par les lobbys mais montrent désormais que sa haine anti-turque est également dominante. Il réagit et critique la Turquie et le gouvernement actuel ouvertement sur plusieurs sujets.
En effet, Joe Biden affirme qu’il proposera de l’aide aux pays qui se développent en soutenant une démocratie et qui évoluent au nom des droits de l’Homme. Lorsqu’il cite les pays appliquant un ré- gime autoritaire, la Turquie en fait partie. Erdogan est un « autocrate » selon Biden, et donc que le régime turc est autocratique. Pourtant il a visité la Turquie à 4 reprises et s’est excusé auprès d’elle deux fois. Sa dernière visite remonte à un mois après le coup d’état manqué du 15 Juillet 2016. Quelques mois après sa deuxième visite en 2014 lors d’une conférence, il qualifiera que la Turquie est l’alliée des plus grands problèmes du Moyen-Orient. Il s’en excusera. Puis s’excusa à nouveau donc en 2016 pour ne pas être venu plus tôt après le putsch raté. Trump félicitera son homologue Erdogan en vantant les mesures prises par celui-ci durant cette nuit du 15 au 16 juillet.
En décembre 2019, Biden change à nouveau de discours en disant qu’il veut former une approche différente au président turc, en soutenant l’opposition turque et ses leaders, et surtout il dit que Er- dogan sera vaincu non pas par coup d’état mais par des élections démocratiques. Le président du Parti Républicain du Peuple (CHP), principal opposition politique au gouvernement Erdogan, Ke- mal Kılıçdaroğlu a été l’un des premiers à se précipiter de féliciter l’élection de Biden et dans une autre déclaration il affirme qu’il serait ravi de l’aide démocratique que peut apporter Biden à l’op- position turque. Le nouveau président veut également soutenir l’intégration des Kurdes pour qu’ils prennent plus de place au gouvernement. Rappelons que le Parti Démocratique des Peuples (HDP) est issu du mouvement kurde et est connu pour sa proximité avec le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) organisation terroriste reconnue par l’Union Européenne dont la France et les Etats-Unis entre autre. Si Biden veut renforcer la présence de ces parlementaires c’est pour que les minorités présentes en Turquie puissent avoir un impact direct au gouvernement qu’il aura également soutenu. Biden dira même en parlant d’Erdogan que « La dernière chose que je ferais serait de me soumettre à lui concernant les Kurdes. ». Concernant les Kurdes, durant les primaires du Parti démocrate, chaque candidat a affirmé le fait que Trump retire ses troupes de Syrie est une trahison contre les Kurdes, ils affirment que des milliers de Kurdes sont morts en voulant combattre Daesh, mais par

les Turcs qui ont réalisé un génocide kurde en Syrie. Ces allégations scandaleuses montrent le sou- tien du Parti démocrate aux Kurdes, opposée à la Turquie et affirme le soutien aux Kurdes dans la région. Lorsque Biden déclare qu’il veut faire participer plus de Kurdes au niveau politique en Tur- quie, il confirme son idée de « démocratiser » une opposition, qui dans les faits réels existent déjà. Biden ira même jusqu’à dire que Erdogan devra payer pour ce qu’il a fait et que la Turquie est le seul problème en Iraq et en Syrie. Suite à ces déclarations, le porte-parole du Parti de la Justice et du Développement (AKP) réagira en disant qu’elles sont porteuses d’informations comme la volon- té de coup d’état à la Turquie mais également à la présidence d’Erdogan. Il ajoutera également
« Personne ne peut s’immiscer dans notre vie politique ». Le président du Parti d’Action Nationalis- te Devlet Bahçeli, en coalition politique avec le gouvernement d’Erdogan depuis 2018, s’exprimera en affirmant que « Le renversement du président élu vise à la fois l’hostilité à la démocratie et le putschisme. ».
La vision de Biden sur la Turquie est très étriquée et malgré ses quatre visites et ses deux excuses, il tient toujours des propos qui poussent les polémiques, surtout concernant son soutien à l’opposition. Malgré cette hostilité, le président Erdogan a félicité Joe Biden en ajoutant que « Je réitère ma dé- termination à travailler étroitement avec l’administration américaine durant cette période et suis convaincu que la forte coopération et l’alliance entre nos deux pays apporteront des contributions vitales à la paix mondiale. Je vous félicite pour votre victoire électorale et présente mes sincères vœux de paix et prospérité au peuple américain ».
L’alliance entre les Etats-Unis et la Turquie est importante pour la paix au Moyen-Orient. Sans entrer dans les détails géopolitiques de cette géographie, nous pouvons voir que la Turquie est un pays qui est utile stratégiquement et son affaiblissement, affaiblira en retour la région. La force de la Turquie peut être affaibli si des éléments externes se mêlent des affaires intérieures. Nous avons plusieurs exemples de la volonté d’apporter la démocratie à l’américaine, comme en Iraq, la Tur- quie ne peut accepter une telle décision, prise sur une hostilité forte au gouvernement d’Erdogan et sa gestion de crises internationales. Biden veut soutenir les oppositions pour créer des tensions inté- rieures avec surtout les minorités, le choix des Kurdes est stratégique pour la Syrie mais également l’est de la Turquie. La proximité de Biden avec les lobbys, les oppositions, montrent plutôt qu’il veut par le biais d’une démocratie à l’américaine, destituer un président élu démocratiquement.

La haine anti-turque construite au cours de ses décennies de carrière politique risque de ne pas en- gendrer des bonnes relations entre la Turquie et les Etats-Unis. Surtout nous pouvons nous poser la question pourquoi Joe Biden s’oppose t-il à un président élu démocratiquement en l’accusant d’au-tocrate?Meltem Aydoğan Kafkassam

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